Face aux politiciens de la Mongala : Le cardinal Fridolin Ambongo a bien joué !


Face aux politiciens de la Mongala : Le cardinal Fridolin Ambongo a bien joué !


Les politiciens de la nouvelle province de la Mongala diffèrent-ils de ceux d’autres provinces du pays ? Très peu. Ils se ressemblent tous, à quelques exceptions près. C’est pourquoi le primat de l’Eglise catholique en RDC, le cardinal Fridolin Ambongo, a bien fait de crier haro sur eux, alors que, pour se donner bonne conscience, ils ont accouru à Lisala, chef-lieu de cette entité décentralisée, pour assister au sacre du 4ème évêque du diocèse du même nomintervenu le 29 mai 2021. L’archevêque de Kinshasa, originaire du Sud-Ubangi, connait tous ces politiciens. Il ne devait donc pas rater cette occasion pour les sermonner publiquement dans son homélie qui, avons-nous appris, avait les allures d’un réquisitoire.
Ces politiciens devaient se gêner de se déplacer dans une ville dont ils assistent, sans bouger, à la descente aux enfers. Lisala n’a de ville que de nom, d’autant qu’elle s‘abîme chaque jour: infrastructures délabrées, érosions, absence totale de résidences dignes de ce nom, etc. Cette ville qui, dit-on, ressemble plutôt à un village, ne devait même pas abriter les institutions provinciales. Il aurait fallu penser à sa modernisation avant d’envisager son érection en chef-lieu de province. Mais, puisque tout ne peut venir de l’Etat, cette province devait figurer au cœur des préoccupations de ses enfants qui occupent, de l’accession du pays à l’indépendance à ce jour, des hautes fonctions dans les institutions nationales. Ou du moins, faire des plaidoyers auprès du gouvernement de la République. Malheureusement, ces derniers ne pensent qu’à eux-mêmes, à leurs familles et celles de leurs épouses, à leurs proches et amis. Que les populations crèvent de maladies, qu’elles manquent le minimum pour la vie d’un humain, importe peu pour eux. La même situation prévaut dans le territoire de Bumba, pourtant grenier de cette province: pas d’aéroport approprié, ponts coupés, pas d’établissements hospitaliers capables d’administrer des soins médicaux, pas d’électricité, etc.
Mais, puisqu’ils ont refusé d’écouter la voix intérieure, ils n’hésitent pas à recourir aux mêmes populations à chaque élection en distribuant des pagnes imprimés à leurs effigies, à les faire danser et chanter en leur honneur pour des broutilles. Une fois les élections terminées, ils abandonnent leurs électeurs à un triste sort. Certains confrères ont même écrit « que des projets, programmes d’investissement, matériaux et autres biens destinés à cette province, sont détournés à partir de Kinshasa par ses propres ressortissants ou par leur complicité. Des maisons de l’État spoliées qui par des députés, qui par ceux qui ont été ministres. Sans oublier les pillages des essences forestières en complicité avec des originaires connus de tous, mais protégés par leurs fonctions ». De véritables fossoyeurs de la Mongala !
Dès lors, que ce soit à Kinshasa ou dans le Grand Equateur, le cardinal Ambongo, en sa qualité de pasteur, devra profiter de chaque rencontre pour dénoncer l’hypocrisie, le manque de sérieux, le clientélisme, l’avidité ainsi que la démagogie qui caractérisent cette classe politique originaire de la Mongala. Le nouvel évêque du diocèse de Lisala, Mgr Joseph-Bernard Likolo à Lisala, devra lui aussi, ne pas avoir froid aux yeux pour dénoncer dans ses homélies le comportement odieux de ces avocats, professeurs d’université, magistrats, hauts fonctionnaires, sortis tous, ou presque, des écoles catholiques.
Yamaina Mandala

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