septembre 28, 2021

Indigénistes : partisans du repli identitaire par l’examen de l’ADN des Congolais par une prise de sang

Indigénistes : partisans du repli identitaire par l’examen de l’ADN des Congolais par une prise de sang

Par Hervé Hasquin

« Pauvre Congo mis en coupe réglée par les divers clans »: l’historien et académicien Hervé Hasquin critique les dégâts causés par les Kabila et Tshisekedi en République « démocratique » du Congo.

Un pays immense au coeur de l’Afrique. Une superficie d’environ 2 400 000 km2! Un peu plus de 100 millions d’habitants. Le pays francophone le plus peuplé. Mais relativisons. Certes, l’usage du français, langue officielle, est répandu dans les milieux privilégiés. Mais il faut tenir compte d’au moins 350 ethnies et de quatre langues, au statut national: le lingala, le kikongo, le swahili et le tshiluba.

Une richesse inouïe. Le pays regorge de ressources minières. Diamant. Or. Cuivre. Cobalt, entre autres. L’exploitation de ce dernier métal rare équivaut à la moitié de la production mondiale!

Et pourtant … Un drame économique. Un des pays dont la population est la plus pauvre au monde. Des tas d’explications. La colonisation belge s’est efforcée d’unifier un territoire gigantesque, profondément disparate. Donc, après l’indépendance, des rivalités violentes, des guerres civiles ravageuses. Les droits humains? Ignorés. Saccagés. Surtout, une corruption hors du commun. Elle gangrène l’Etat à tous les échelons. Une conséquence inéluctable: la mal-gouvernance. D’après les dernières statistiques internationales, les quatre cinquièmes de la population vivent sous le seuil de la pauvreté!

Martin Fayulu. Vous connaissez ? Sans doute que non. Pas étonnant. Candidat à la présidence de la République démocratique (sic) du Congo en 2018. Il a même remporté l’élection. Le verdict de l’épiscopat congolais et de ses observateurs, d’ONG internationales, de nombreux représentants diplomatiques est sans appel. Et pourtant Fayulu est retombé dans l’anonymat. L’innocent n’a pas vu venir le coup. Quelques jours avant la proclamation des résultats truqués, un accord décisif a été scellé. Le président sortant, Joseph Kabila, le fils de l’autre, Désiré, a négocié avec Félix Tshisekedi, le fils de l’autre, Etienne. Le tout avec la complicité de quelques dictateurs de pays voisins. Félix sera proclamé « vainqueur ». Il bénéficiera de l’appui de la confortable majorité parlementaire proche de Kabila. Ce dernier doit en principe rester le maître du jeu. Bref, le renouveau annoncé commence par une extraordinaire escroquerie. Un exceptionnel tour de prestdigitation!

Félix a été à bonne école avec Etienne, véritable clown de la politique congolaise. Le père a réussi un exploit! Premier ministre de Mobutu à trois reprises pour de très courtes périodes. Tantôt courtisan. Tantôt affidé et homme de main. Tantôt opposant. Tantôt soutien. Uniquement en fonction de ses intérêts.

Joseph Kabila et Félix Tshisekedi sont deux grands fauves. Après deux ans de cohabitation houleuse, le second paraît mettre hors jeu le premier. Mais il faut y mettre le prix pour disposer d’une majorité à l’Assemblée nationale. Le pouvoir vient d’acheter 500 SUV pour mise à disposition des parlementaires et personnages influents. Comme il se doit, il faut durer et assurer l’avenir. Deux mesures se préparent à Kinshasa. Prolonger d’au moins deux ans le mandat présidentiel et la législature. Eliminer de la prochaine élection présidentielle les rivaux potentiellement dangereux. Donc, une nouvelle législation sur la nationalité exigera qu’on soit né d’un père et d’une mère congolais pour briguer des responsabilités importantes. Pas de chance pour Moïse Katumbi dont le père était grec … Poutine ne ferait pas mieux.

Pauvre Congo mis en coupe réglée par les divers clans. Kabila et sa famille sont actionnaires d’une centaine de multinationales. Officieusement, la Chine, nouvelle puissance colonisatrice, est propriétaire de deux millions d’hectares de terres agricoles … Depuis soixante ans, rien de nouveau sous le soleil de l’équateur. C’est toujours la course à la « bonne soupe ». Et pourtant, la vertu et le courage triomphent parfois. Une pensée émue en hommage à un homme exceptionnel, le docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018. David pourra-t-il vaincre Goliath ?

Holà les Belges. Pas de quoi pavoiser. Une pîqure de rappel s’impose. Suite au prochain numéro.

Tiré de levif.be/Le titre est nôtre

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