Recherches scientifiques : un outil de travail pour la gestion des risques, aménagement des villes de la Rdc face aux catastrophes naturelles

Recherches scientifiques : un outil de travail pour la gestion des risques, aménagement des villes de la Rdc face aux catastrophes naturelles

« Après la pluie, c’est le beau temps », dit-on. Mais à Kinshasa, cet adage n’est pas conforme aux faits. Il suffit de visiter les quartiers tels que Mososo, Mumbele et Ndanu dans la commune de Limete pour s’en rendre compte. Et Limete n’est pas une exception et Kinshasa non plus, c’est une généralité des villes congolaises et des milieux ruraux. Toutes les agglomérations du pays font face aux dures réalités des catastrophes naturelles. Comment gérer les risques des catastrophes naturels dans l’aménagement des villes de la RDC ? Une réponse, un outil de gestion produit par un laboratoire et des scientifiques congolais est à la disposition des décideurs…

En République démocratique du Congo (RDC), ce sont les populations pauvres et vulnérables des milieux urbains qui sont les plus affectées par les catastrophes naturelles. C’est une généralité dans les villes de l’est du pays comme Bukavu, Goma, Uvira ; à l’ouest comme Kinshasa, Matadi, Boma et même au centre comme à Mbuji mayi etc… Ce sont souvent les populations pauvres et vulnérables qui sont les plus affectées par des catastrophes naturelles avec des pertes de vies humaines causées par des tempêtes et autres pluies torrentielles. La RDC fait partie des pays en développement, des pays à revenu faible ou intermédiaire, où ne sont survenus que faible de ces événements climatiques pourtant, une des nations moins nanties des instruments de qualité pour la gestion des catastrophes. Selon le Pr. Mangambu Mokoso du Laboratory of Plant Systematics, Biodiversity and Ecosystem 1 Management (LSVBME), « il y a trois décennies passées, la gestion des risques et catastrophes naturels a été une inquiétude des Nations unies. Depuis la Conférence mondiale des Nations unies sur la prévention des catastrophes naturelles de Yokohama (Japon en 2010) qui aboutira à l’adoption de la ‘Stratégie de Yokohama : directives pour la prévention des catastrophes naturelles, la préparation aux catastrophes et l’atténuation de leurs effets ‘, une thématique de recherche et d’attention de plus en plus importante, notre pays fait que marquer les pas ». En effet, la rapide et souvent incontrôlée concentration de nouvelles populations en zones urbaine et périurbaine couplée aux effets pressentis des changements climatiques laissent craindre la multiplication des aléas dans un contexte de vulnérabilité croissante. Il s’agit des phénomènes tels que l’augmentation « probable » des déficits pluviométriques, des évènements pluviométriques extrêmes, et des cyclones tropicaux (dans le bassin du Congo) dont la ville province de Kinshasa, l’amplification « hautement probable » des vagues de chaleur l’élévation « certaine » du niveau des Lacs (Uvira, Kalemie et Baraka). En première ligne des victimes potentielles, se trouvent dans la population citadine, péri-urbaine dont une caractéristique commune réside dans l’absence d’infrastructures suffisantes, de gouvernance adéquate, de planification territoriale – à plus forte raison dans les villes où la population augmente chaque jour un peu plus –, de capacité de réponse en cas de désastres, et d’anticipation. Le tout dans un contexte de pauvreté des populations, d’absence de données (ou d’accès difficile à des données) permettant de caractériser certains événements ou d’assurer le suivi de certains processus, et – dès lors – de méconnaissance du risque et de mise en place de stratégies d’adaptation.
Le rapport de la Banque mondiale a consacré à la résilience urbaine, en l’absence d’investissements significatifs destinés à rendre les villes plus résilientes en RDC, estime le coût annuel des catastrophes naturelles à environ 3 à 7 milliards de dollars pour les municipalités d’ici 2030 alors que le budget du pays est de moins de 5 milliards.
Un outil important par rapport aux risques naturels et à leurs impacts sur la (sur)vie socio-économique des populations.

Selon les Etudes menées par Laboratory of Plant Systematics, Biodiversity and Ecosystem 1 Management (LSVBME), que dirige le Professeur Mangambu, l’investissement dans des infrastructures résilientes pourrait créer un bénéfice net de 2 milliards de dollars, soit un ratio de quatre dollars de bénéfice pour un dollar investi pour maintenir l’environnement urbain stable. De tels investissements peuvent améliorer la qualité et la résilience des services de base (transport, adduction d’eau, fourniture d’électricité) et contribuer ainsi à des sociétés plus résilientes et plus prospères.
Leur travaux se sont basé sur l’accès aux images d’archives disponibles à haute résolution à partir du logiciel libre Google Earth qui permet une visualisation de la terre avec un assemblage d’images satellitaires et de photographies aériennes, le plus souvent récentes (dix dernières années) et à haute résolution. Selon les zones géographiques, les informations disponibles sont plus ou moins précises et nombreuses. Ainsi, les villes sont parfaitement couvertes et permettent le plus souvent un suivi de certains processus tels que l’étalement urbain ou les modifications environnementales majeures et rapides. Des images diachroniques extraites de Google Earth ont été utilisées pour le suivi de l’érosion côtière et de l’érosion ravinant , la détection et la cartographie des glissements de terrain post séisme , la cartographie de l’étendue des inondations post-tsunami ou la prévision des zones à risque d’inondation dans le cadre de la mise en place d’un système d’alerte précoce aux tsunamis.
Dans les cas des villes de l’est et de Kinshasa, les images de Google Earth ont permis de mettre en lumière la vulnérabilité de certaines zones urbaines face à divers types de risques naturels. La célérité de l’extension urbaine accroissant fréquemment la vulnérabilité des enjeux et la rapidité d’intensification des aléas font souvent que le risque croît de manière exponentielle. Il semble adéquat, sinon nécessaire, d’utiliser ce type d’informations pour accroitre la représentation des décideurs par rapport aux risques naturels et à leurs impacts sur la (sur)vie socio-économique des populations affectées par ces divers stress dans les années passées et à venir pour que des mesures réfléchies soient prises d’urgence. Selon le Pr. Mangambu, ce projet de recherche-action développé visent à tester une méthodologie de cartographie participative à l’aide de Google Earth pour développer – avec succès – une compréhension commune des décideurs sur la durabilité et les changements climatiques et, ensuite, développer des stratégies d’adaptation devrait être testée dans les pays où les problématiques sont autrement difficiles et lourdes de sens. Le Laboratory of Plant Systematics, Biodiversity and Ecosystem 1 Management (LSVBME) met ainsi un outil important , par rapport aux risques naturels et à leurs impacts sur la (sur)vie socio-économique des populations, entre les mains des décideurs dans le secteur.
Willy Makumi Motosia

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